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Exposition « No BORDER » de Méné et Leslie Lumeh

Deux peintres aux origines et aux techniques différentes pour un projet commun sans limite

La Galerie LouiSimone Guirandou a invité deux artistes à exposer leurs oeuvres dans ses murs à Abidjan. L’un est ivoirien et l’autre est libérien. Ils ont orienté leur talent en une vision commune pour aborder les sujets de liberté et d’union avec cette exposition qu’ils ont appelé « NO BORDER« .

Pour sceller leur vision et leur collaboration, ils se sont unis pour créer une oeuvre spéciale pour l’exposition. Cette installation, qui trône dans le fond de la galerie, met en évidence le désir d’une expression libre de deux artistes d’origines différentes et travaillant ensemble sur un même projet.

« Cette installation est un travail que nous avons mené en commun. Nous avons voulu exprimer le libre passage des frontières à travers la symbolique des oiseaux, qui est une marque universelle du nomadisme et de liberté par excellence. Les pneus et les chaussures symbolisent la libre circulation des hommes et des véhicules. « 

_ Méné

« Le tout se résume dans l’expression de la liberté et de la libre circulation des hommes quelque soit leurs origines, leurs races, leurs cultures et leurs idées. « 

_ Méné

Leslie Lumeh

Leslie Lumeh est artiste peintre autodidacte. Né à Dambala, il vit à Monrovia. Il a longtemps dénoncé les dérives du régime libérien durant la guerre civile du Libéria. Son engagement le contraint à l’exil en Côte d’Ivoire en 1989.

Les toiles qu’il expose à la Galerie LouiSimone Guirandou sont comme teintées de nostalgie. Il ravive des scènes de vie quotidienne qui se déroulent à la fois en Côte d’Ivoire et au Libéria, comme un effet miroir. Les lavandières au bord du marigot font penser aux fanico de Côte d’Ivoire. On retrouve également des enfants jouant avec des pneus ou des vendeuses de fruits dans les rues des deux villes.

Leslie Lumeh a reproduit à partir des souvenirs du temps qu’il a passé en Côte d’Ivoire, ces scènes de vie où l’on reconnait les enfants jouant devant les maisons coloniales de Bassam ou encore le vendeur de tableaux du marché artisanal.

Il offre deux ambiances, l’une en aquarelle et l’autre aux pigments plus soutenus qu’il applique au couteau. On a l’embarras du choix devant l’atmosphère douce, calme et nostalgique de certaines toiles ou de l’univers chaleureux et dense du tumulte urbain que l’ont retrouve dans d’autres.

Méné

Méné est artiste plasticien. Il aime jouer avec les matières et les couleurs. Sa technique privilégie la peinture. Il s’est inspiré de l’art rupestre et en a donné une orientation plus personnelle et moderne. Il est vrai que lorsqu’on regarde ses toiles, on imagine bien les représentations humaines de l’époque néolithique sur les rochers : les corps disproportionnés, les bras levés, les scènes de chasse ou de guerre. Mais contrairement à cette époque, celle que décrit Méné est colorée de scènes enthousiastes, de formes minimalistes, de sourires, de personnages au visage enjoué, de figures qui peuvent sembler animales…

Méné joue aussi avec les textures. Les supports choisis pour cette collection sont des bâches recyclées. Celles que les peintres en bâtiment utilisent, par exemple, dans leurs travaux. Sans les nettoyer, sans les traiter, il les réutilise tel quel et leur donne une nouvelle vie sous le coup de ses pinceaux.

Méné s’amuse également en créant des motifs dans ses toiles, ce qui rappelle à nouveau l’art rupestre.

Il nous procure une douce bouffée d’oxygène. Un regard vitaminé sur la vie. Une belle chanson d’espoir. Un de ses tableaux dans le salon ou dans le bureau donne vraiment la pêche !

Ses personnages dont la tête est le plus mis en évidence par rapport au reste du corps, fait penser à nos dessins d’enfance dans lesquels on s’appliquait à reproduire à l’identique les visages des membres de notre famille (selon notre perception d’enfant, et sans jamais y arriver) et on négligeait les bras, les jambes… (parce que c’était secondaire, en fait).

On a l’impression que Méné retourne très souvent dans son enfance pour renouer avec cette âme pure et insouciante, y observe les expressions enfantines, les émotions, les jeux, et les retraduit dans son présent en les figeant avec des pigments naturels (terre, sable, jus d’écorces, kaolin…) intenses de lumières et de couleurs. Il se dégage toujours de l’enthousiasme, de la joie de vivre, du positif de ses oeuvres.

Les toiles de Méné s’amusent, rigolent et jouent sur les murs de la galerie LouiSimone Guirandou, jusqu’au 01 juillet 2017, aux côtés des oeuvres de Leslie Lumeh, qui dépeignent avec nostalgie la douceur des petits plaisirs et les souvenirs marquants de la vie en Afrique.

« Nous ne pratiquons pas la même langue, n’employons pas les mêmes techniques ni la même expression artistique mais l’art est universel et ne connaît pas les frontières. »

_ Leslie Lumeh et Méné

#NoBorder


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