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Exposition « Les Porteuses » du photographe Malick Welli

Voyage dans l’univers de Malick Welli à Dakar

Affiche de l'exposition du photographe Malick Welli au British Council de Dakar 2016

Je venais d’arriver à Dakar pour la fameuse Biennale pour l’Art Contemporain, lorsque des amis m’appellent: « On va manger un Tiep bou dien, ça te dit? » Il ne fallait pas me le dire deux fois. Hop! Dans le taxi, direction les bords de mers où un Tiep fait maison nous attendait. L’invitation était donnée par Malick Welli.

Ainsi, mon premier contact avec l’artiste, s’est fait autour d’une bonne table, dans la générosité, l’hospitalité et la joie. Et à bien y regarder, ces qualités se dégagent à la fois de sa personnalité mais elles se perçoivent également dans ses clichés. Laissez-moi vous entrainer dans l’univers de Malick Welli.

Tie Bou Dien, spécialité senegalaise

"Les Porteuses"

Dans les couleurs intenses et les contrastes frappants, le message de l’artiste se libère dans la chaleur des pigments du vêtement et de la pigmentation de la peau de ses modèles. Elles portent la vie, encore fragile et innocente, sur leur dos et la soutienne à bout de bras. Accompagner le souffle de vie et l’aider à élever ses premiers pas dans ce monde est une raison suffisante pour lui offrir un tuteur aussi solide que son dos. Ces femmes africaines ne font pas de différence, loin des clichés, elles orientent du regard les futurs héritiers de la terre. Avec bienveillance et amour, elles bercent les petits anges. Avec sérénité et douceur, les bébés s’abandonnent sur la peau de leur Ange gardien.

Oeuvre Amy et Raphaëlle de Malick Welli

« Cogito » est le nom de la collection de l’artiste-photographe Malick Welli, qui présente des femmes au teint d’ébène qui portent au dos des enfants au teint d’ivoire. Ce travail est né à la suite d’un questionnement initié par la phrase « We are all Africans ».

Oeuvre Aissatou et Marx de Malick Welli

« Je finis par comprendre que cette phrase n’est qu’une confirmation que l’Afrique est incontestablement le berceau de l’humanité. Seule option, prendre mon appareil, ma seule arme face à l’énigme de ce monde ; et partir à la chasse d’images… Ces images qui parleront pour moi et résonneront plus fort que des mots… Cette Afrique qui accueille et reçoit tous les peuples dans leur diversité, cette Afrique qui dispose de toutes les richesses, et les offre généreusement et sans distinction. Mère de tous les continents, sa source alimente et abreuve tous les autres. »

– Malick Welli.

Oeuvre Dioma et Raphaëlle de Malick Welli

C’est ainsi que Malick Welli capture Marx sur le dos de Aissatou ou encore Dioma qui porte Raphaëlle. Ces femmes sont sociologue, étudiante ou encore responsable administrative. Des intellectuelles donc, loin de l’image de la servante analphabète que la clémence du destin lui vaut de s’occuper des enfants de ses « patrons blancs».

Malick Welli met ainsi en contraste les clichés de la société qui s’effacent finalement sous les éclats des couleurs de la vie; celles de la vie naissante et celles de la vie aimante.

J’ai découvert avec enchantement une partie de la collection « Cogito series » qui a été présentée au Off de la biennale de Dakar 2016 lors de l’exposition « Les Porteuses ». Suspendues au milieu des plantes en plein coeur de l’Institut britannique (British Council), les oeuvres de Malick Welli saluent Mère nature avec cette promesse de l’Afrique, mère nourricière, prononcée par l’auteur:

« Elle nous supporte tous sur son dos.

D’une manière ou d’une autre, nous revenons toujours vers celle qui nous a créés.

D’une manière ou d’une autre, nous lui devons la vie. »

La beauté de ses clichés nous ébloui par la force du message au point de rester illuminés même lorsque nos yeux se détournent de leur éclat, même lorsque la lumière s’éteint sous nos paupières.

Avec Malick Welli

Photo selfie de Mlick Welli et Yoyo

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